Histoire de la Rue Debelleyme

rue-debelleyme
Ecrit par KFB

En plein cœur du quartier du Marais à Paris, la rue Debelleyme (IIIe arrondissement), porte le nom du magistrat Louis-Maurice Debelleyme (1787-1862), Préfet de Police sous Charles X, qui habita longtemps ce quartier.rue-debelleyme

député de 1829 à 1830, de 1831 à 1834, et de 1837 à 1848, né à Paris, le 16 janvier 1787, mort à Paris, le 24 février 1862, était d’une famille issue du Périgord, et fils d’un officier du génie, chef de la division topographique aux Archives et collaborateur de Cassini. Elève de l’école centrale des Quatre-Nations, puis de l’Académie de législation, il fut reçu avocat à Paris, le 17 juillet 1807. Improvisateur habile et plein de tact, il débuta dans la magistrature sous la Restauration, comme substitut du procureur du roi à Corbeil (28 novembre 1814), et devint successivement conseiller auditeur à la cour de Paris (1815), procureur du roi à Pontoise (24 janvier 1816), a Versailles (21 avril 1819), juge d’instruction à Paris (1er août 1821), vice-président du tribunal de la Seine (6 août 1824), et procureur du roi au même tribunal (12 juillet 1826).

Il avait été nommé membre du conseil municipal de Versailles, le 28 février 1821, et décoré de la Légion d’honneur, le 1er août suivant. Candidat aux élections du 17 novembre 1827, dans le 1er arrondissement électoral de la Dordogne (Périgueux), il échoua avec 60 voix contre 145 données à l’élu, M. Verneilh de Puyraseau, et 72 au comte de Beaumont. L’indépendance dont il fit preuve à l’occasion de la fusillade de la rue Saint-Denis (novembre 1827), en prenant des conclusions contre les gendarmes, en raison des violences exercées par eux, le signala à l’attention du nouveau cabinet Martignac, qui le nomma, le 17 janvier 1828, préfet de police.

Dans ce poste, il abolit l’espionnage politique, donna un uniforme aux agents de la police secrète, améliora et réglementa à nouveau les services de la voirie, des étalages, de la police des spectacles, des voitures de place, des approvisionnements, organisa les sergents de ville, fit établir les omnibus, travailla à l’extinction de la mendicité, à la création de maisons de refuge, etc. Il entra à la Chambre, élu, le 4 juillet 1829, par le collège de département de la Dordogne, avec 116 voix sur 160 votants et 293 inscrits, contre 31 voix au général Bugeaud, en remplacement de M. d’Abzac.

Un mois après (8 août), le ministère Martignac était renversé, et M. Debelleyme donnait sa démission de préfet de police, malgré les instances de Charles X pour le conserver à ce poste. Cinq jours après (13 août), il fut nommé président du tribunal de la Seine. A la Chambre, il siégea au centre droit, ne signa pas l’adresse des 221, et ne fut pas réélu après la dissolution de la Chambre. Nommé, sous la nouvelle monarchie de juillet, chef de bataillon dans la 7e légion de la garde nationale de Paris, il se présenta, dans le 4e arrondissement électoral de la Dordogne, aux élections du 5 juillet 1831, et échoua avec 40 voix contre 98 données à l’élu, M. de Garraube. Mais, le 28 septembre suivant, le 1er arrondissement électoral de la Seine l’élut, en remplacement de M. Casimir Périer qui avait opte pour l’Aube.

Il échoua de nouveau, le 21 juin 1834, dans le 7e arrondissement de la Seine, avec 189 voix contre 405 données à l’élu, M. Alexandre de Laborde, et 146 à M. Bérard, puis, le 4 novembre 1837, dans le même arrondissement, avec 402 voix coutre 501 à l’élu, M. Moreau. Mais, le même jour, il était élu par le 6e collège électoral de la Dordogne (Ribérac), avec 159 voix sur 292 votants et 394 inscrits; le même collège le réélut successivement: le 2 mars 1839, par 195 voix sur 347 votants, contre 130 à M. Ducluzeau, candidat de l’opposition ; le 9 juin 1842 par 197 voix sur 372 votants et 457 inscrits, contre 103 à M. Ducluzeau; et le 1er août 1846 par 251 voix sur 426 votants et 509 inscrits, contre MM. Ducluzeau, 131 voix, et Duburguet, 30. Dans ces diverses législatures, il soutint la politique ministérielle, et fut vice-président de la Chambre en 1846. Le 29 décembre 1856, le gouvernement impérial le nomma conseiller à la cour de Cassation ; il fut admis à la retraite en cette qualité le 19 janvier 1862, un mois avant sa mort. Officier de la Légion d’honneur (1828), commandeur (1837), décoré de l’Aigle rouge de Prusse (1830). M. Debelleyme avait acquis une grande autorité en jurisprudence. On a publié ses Ordonnances comme président du tribunal de la Seine (1837), et ses Ordonnances sur requêtes et sur référés.
On a regroupé en 1865, quatre rues, pour former la rue Debelleyme: la rue de Périgueux ou du Périgord, la rue de Limoges, la rue de l’Echaudé-au-Marais et la rue Neuve-Saint-François, appelée par la suite rue Saint-François. Claude Perrault et Carnot habitèrent cette dernière.

Elle commence au no 83 rue de Turenne et à la particularité de se terminer dans la même rue, la rue de Turenne au no 111. Elle marque en effet approximativement l’emplacement du projet de Henri IV, de Place semi-circulaire dite Place de France qui devait voir le jour, peu de temps après la construction de la Place des Vosges. Cela explique pourquoi les rues avoisinantes portent toutes des noms de Provinces françaises (Poitou, Bretagne, Perche etc.).

Elle est bordée de vieilles maisons. À noter au no 5, la porte et l’escalier, au no 9 un hôtel Louis XIII, au no 19 une porte cloutée et un escalier Louis XIII, au no 30 une vieille maison à pignon.

Réagir