RAPPEL : Musée Carnavalet Le musée Carnavalet est fermé pour rénovation jusqu’à fin 2019.

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Le musée Carnavalet, cher aux amateurs d’histoire de Paris et notamment de sa période révolutionnaire, ferme dimanche soir pour trois ans de travaux afin de rénover cet ensemble des XVIe et XVIIe siècles, imaginer une nouvelle muséographie et mieux accueillir le public. Le musée, magnifique ensemble en plein cœur du Marais, au centre de la capitale, va subir un lifting à 43 millions d’euros financé par la Ville de Paris, à qui il appartient, l’occasion par ailleurs de classer, recenser, numériser les 600 000 objets de ses collections. Il devrait rouvrir fin 2019 ou début 2020.

Carnavalet, qui regroupe les hôtels Carnavalet du XVIe siècle et Le Peletier de Saint-Fargeau du XVIIe, « est ce que les Allemands appellent un musée sentimental », dit à l’Agence France-Presse sa directrice, Valérie Guillaume. « Il donne accès à l’histoire de manière spontanée, pas de façon doctorale », avec des objets intimes, du quotidien, émouvants, dit-elle. C’est à Carnavalet que l’on pouvait voir des pirogues du néolithique, une chemise de Marie-Antoinette dans sa prison du Temple, des pierres de la Bastille, des objets personnels de La Fayette, un nécessaire de toilette de Napoléon, un hochet du roi de Rome son fils ou la chambre reconstituée de Marcel Proust. Mais il fallait « mieux accompagner le fil de la visite et réfléchir à un parcours cohérent », ajoute Valérie Guillaume : « Nous avions des trous, le Moyen Âge, la Renaissance, les XXe et XXIe siècles », dit-elle.
Beaucoup de visiteurs étrangers

La rénovation, en plus de réparer le toit et refaire les menuiseries, va ainsi permettre de « mieux accompagner la visite », dit la directrice, en simplifiant le cheminement du visiteur, en proposant des dispositifs numériques et, ce qui n’était pas encore le cas, un parcours bilingue en anglais. Car le musée Carnavalet, visité par quelque 450 000 personnes par an, reçoit pour moitié des touristes étrangers, et notamment des États-Unis très friands de Révolution française. Les « period rooms », ces restitutions de décor intérieur très appréciées des visiteurs, seront également mieux mises en valeur, 10 % des œuvres vont être placées « à hauteur d’enfant » et le vaste espace de l’Orangerie du XVIIe siècle va être dédié à des rencontres et conférences.

Un centre de ressources et des salles d’ateliers vont être aménagés et le confort du visiteur amélioré. Un nouveau site internet sera mis en ligne au printemps 2017 et une application va être créée. Une préfiguration du futur musée devrait ouvrir en 2017. Une partie des collections va tourner pendant les travaux aux États-Unis, au Canada et au Japon. On pourra aussi voir des pièces à la Conciergerie à Paris.

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