Prieuré Saint-Martin-des-Champs

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Saint Martin

L’existence d’une basilique funéraire mérovingienne des VIe ‑ VIIe siècle est confirmée lors des fouilles archéologiques conduites en 1993-1994, à l’occasion de la rénovation du musée des arts et métiers. Elle est réaménagée à l’époque carolingienne.

En 1060, le roi Henri Ier fonde une collégiale et fait construire un nouvel édifice religieux dans lequel s’installe une communauté de 13 chanoines. L’église sera dédicacée en 1067 par son fils Philippe Ier. Ce dernier en transfère la propriété en 1079 à l’abbaye de Cluny, dirigée par saint Hugues, lequel la transforme en prieuré et désigne Ourson comme premier prieur de Saint-Martin-des-Champs.

Sous l’impulsion du prieur Hugues (1130-1142), est entrepris la construction du chœur de l’église dont le plan original inspira probablement celui de basilique de Saint-Denis construit quelques années plus tard[1].

Au cours du XIIIe siècle, est élevée l’enceinte du prieuré (tours et mur de la rue du Vertbois). Sous les règnes de Louis VIII de France (1223-1226) et Louis IX (1226-1270), la nef de l’église est reconstruite et sont édifiés le cloître et la chapelle particulière des Arrode, aux abords de l’église. Enfin, intervient la construction du réfectoire (actuelle bibliothèque) souvent attribué à l’architecte Pierre de Montreuil.

En 1426, Philippe de Morvilliers, premier Président du Parlement de Paris, fit établir avec sa femme Jehanne du Drac des lettres d’une fondation funéraire en faveur de Saint-Martin-des-Champs et dote l’église d’un mobilier fastueux.

Sous Henri III de France, un portail monumental, donnant accès à la cour du monastère, est élevé en bordure de la rue Saint-Martin. En 1626, François Mansart décore l’église d’un imposant maître-autel.

La construction d’un cloître dorique, entreprise en 1702 sur les plans de Pierre Bullet, s’achève en 1720. Le nouveau dortoir est terminé en 1742. En 1748, un moine du nom d’Hippolyte Le Faure, ou Le Fort, vend le secret de la fixation de l’or sur la porcelaine à la Manufacture de VincennesVers 1765, la façade de l’église est refaite dans le style jésuite.

Le prieuré est déclaré bien national à la Révolution.

Depuis le 2 avril 1799 est installé au prieuré Saint-Martin-des-Champs le Conservatoire national des arts et métiers, créé en 1794 par l’abbé Grégoire et dont l’objectif est de promouvoir l’innovation technologique auprès du plus grand nombre. Le musée ouvre en 1802. Le réfectoire du prieuré initial, chef d’œuvre de l’art gothique, est aujourd’hui la bibliothèque du CNAM.
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À partir de 1845, Léon Vaudoyer, auquel succèdera à sa mort en 1872 Auguste Ancelet, entreprend un réaménagement et une extension des bâtiments du Conservatoire, avec la reconstruction de la façade de l’église en style néogothique et une restauration contestée de la chapelle axiale du chœur.

De 1994 à 2000, à l’occasion du bicentenaire du Conservatoire, les bâtiments subsistants du XVIIIe siècle et ceux du XIXe siècle accueillant le musée, qui est alors entièrement réaménagé et modernisé, font l’objet d’une restauration. L’église retrouve sa polychromie du XIXe siècle, à l’exception du déambulatoire, décapé pour redécouvrir l’exceptionnel ensemble de chapiteaux historiés et à décor végétal du XIIe siècle.

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