Madame de Maintenon

Madame de Maintenon
Madame de Maintenon
Ecrit par KFB

En avril 1652, à l’âge de seize ans, Françoise d’Aubigné épouse l’écrivain humoriste Paul Scarron, de vingt-cinq ans son aîné, protégé de Madame de Neuillant, alors gouvernante des filles d’honneur de son amie la reine mère Anne d’Autriche. Fêtard et cultivé, ami de nombreux artistes, Scarron est partiellement paralysé depuis un bain nocturne dans la Seine en hiver. Il propose à une Françoise orpheline, sans le sou et fragilisée, de payer pour qu’elle puisse intégrer un couvent, ou de l’épouser.

Madame de Maintenon

Madame de Maintenon

“La belle Indienne” influence la deuxième partie de l’œuvre de Paul Scarron, qui fera ensuite fréquemment référence à la nécessité d’aller aux Indes et à la Martinique. L’humoriste a très sérieusement investi 3 000 livres dans une société commerçant avec la Martinique. Pour faire plaisir à sa jeune épouse, Scarron accepte aussi d’enlever de son œuvre des répliques trop grivoises.

Madame Scarron devient l’animatrice du salon ouvert par son mari, très fréquenté par les écrivains de l’époque. Dès lors, elle se tisse un solide réseau de relations avec les beaux esprits du Marais parmi lesquels se trouvent Françoise ‘Athénaïs’ de Montespan, Ninon de Lenclos, Bonne d’Heudicourt et bien d’autres.

En 1660, alors qu’elle a vingt-cinq ans, Scarron qui lui avait inculqué une grande culture, meurt en ne lui léguant que des dettes. De son mariage, Françoise avait gagné l’art de plaire et en avait conservé les relations; ainsi, Anne d’Autriche, sollicitée par des amis communs, accorda à la veuve Scarron une petite pension. À la mort de la reine mère, sa pension est rétablie grâce à Mme de Montespan, non encore favorite ; les deux femmes s’étaient rencontrées chez le maréchal d’Albret, cousin par alliance de Mme de Montespan et proche de Scarron. Si Mme de Montespan pensa à elle pour devenir la gouvernante des bâtards royaux, c’était parce que la veuve Scarron avait su la divertir et qu’elle était discrète, mais aussi et surtout parce que Françoise savait bien que l’on gagnait toujours à servir le Roi.

En 1669, sur la proposition de Mme d’Heudicourt, elle accepte la charge de gouvernante des enfants illégitimes du roi et de Mme de Montespan. Elle s’acquitta avec succès de sa tâche puisque le roi lui conféra en 1680, la charge de « dame d’atour » de la dauphine.

La disgrâce progressive de Madame de Montespan, compromise dans l’affaire des poisons, la mort en couches de Mademoiselle de Fontanges, dernière favorite du roi (qui avait l’âge d’être sa fille) puis, le 30 juillet 1683, celle de la reine Marie Thérèse d’Autriche (1638-1683) mettent fin au cas de conscience qui se posait à Mme de Maintenon concernant sa relation avec Louis XIV et lui permettent de prendre un ascendant grandissant sur le roi. Celui-ci, éternel amoureux, a besoin d’une femme, mais sa « conversion » l’incite à fuir le péché de la chair. Ne voyant pas d’utilité en une union politique avec l’infante Isabelle du Portugal ou la princesse Anne-Marie-Louise de Toscane, pourtant citées comme favorites pour le trône, le roi penche vite pour un mariage d’inclination avec celle qu’il aime raisonnablement.

Trois jours avant la mort du roi en 1715, Madame de Maintenon se retire jusqu’à sa propre disparition à Saint-Cyr dans la Maison royale de Saint-Louis, maison d’éducation pour jeunes filles nobles et désargentées fondée en 1686 pour y mourir en 1719.

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