Le Général Morin

Général Morin
Général Morin
Ecrit par KFB

Général Morin

Général Morin

Arthur Morin, né à Paris le 17 octobre 1795, appartenait à une famille aisée de négociants. Avant d’entrer à Sainte-Barbe, où il acheva ses études, il avait passé plusieurs années à Florence, avec sa mère devenue dame d’honneur de la princesse Élisa.

Admis à l’Ecole Polytechnique en 1813, c’est-à-dire à 18 ans, dans un très bon rang, Le Général Morin eut à traverser, avec ses camarades, les douloureuses épreuves des événements de 1814 et de 1815. En 1814, il eut du moins l’honneur de prendre part à la défense de Paris ; mais, après avoir été ménagé, en 1815, au moment où une réaction politique aveugle obligeait un assez grand nombre de ses camarades à donner leur démission, il avait été compris dans le licenciement d’avril 1816 et avait dû chercher une position dans l’industrie.

Il était ainsi employé à la papeterie d’Essonnes, quand le gouvernement de la Restauration, mieux inspiré, s’avisa en octobre 1817 de rappeler plusieurs des élèves licenciés, après leur avoir fait toutefois subir de nouveaux examens. Le Général Morin était du nombre de ces graciés et fut classé le second de sa promotion dans le service de l’Artillerie de terre. A la fin de la même année, il était envoyé à l’École d’application de Metz en qualité d’élève-sous-lieutenant.

Après la campagne d’Espagne, le lieutenant Morin servit successivement dans un régiment d’artillerie à pied et au bataillon des pontonniers à Strasbourg et se fit, dès cette époque, remarquer par une étude sur les roues hydrauliques. On lui confia même la mission de visiter les principales fonderies de l’Artillerie pour y comparer les différents moteurs qui y étaient employés.

Nommé capitaine en janvier 1829, Morin était attaché le mois suivant à l’Ecole d’application de Metz en qualité d’adjoint au professeur de machines, qui n’était autre que Poncelet.

Comme professeur à l’École d’application de Metz, en remplacement de Poncelet, de 1835 à 1839, comme professeur de Mécanique appliquée aux Arts, au Conservatoire des Arts et Métiers, enfin comme administrateur et directeur de ce grand établissement pendant près de trente ans, jusqu’à sa mort survenue en février 1880, Morin a occupé une place considérable à côté des créateurs de l’enseignement des sciences appliquées. Il a rempli d’ailleurs un rôle non moins important, en ne cessant d’appeler l’attention des pouvoirs publics et celle des intéressés, c’est-à-dire des industriels et des ouvriers de toutes les professions qui ont besoin de recourir aux lumières de la Science, sur la nécessité de répandre et de développer cet enseignement le plus largement possible.

Le général Morin a donc été à la fois un inventeur, un expérimentateur et un vulgarisateur très pénétré de l’importance pratique des progrès des différentes branches de la Science; il n’a jamais perdu de vue, en s’occupant d’applications industrielles, qu’il avait l’honneur d’appartenir à l’armée et n’a cessé de donner, en toutes circonstances, des preuves de son patriotisme éclairé et de son désintéressement.

Son nom est inscrit sur la Tour Eiffel.

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