Sérénissime ! Venise en fête, de Tiepolo à Guardi

Tous ceux qui ont la nostalgie de Venise, on ne saurait trop conseiller de se rendre à l’exposition « Sérénissime ! Venise en fête, de Tiepolo à Guardi » présentée au musée Cognacq-Jay (IIIe) jusqu’au 25 juin. Au cœur du Marais, ce musée méconnu, consacré au XVIIIe siècle, offre un écrin de choix à la Sérénissime qui brille de ses derniers feux à l’époque des Lumières – l’arrivée des troupes de Bonaparte mettant fin à la République de Venise en 1797.Ce chant du cygne sonne pourtant comme une apothéose.

« Au XVIIIe siècle, Venise est une fête », écrivent en introduction Benjamin Couilleaux et Rose-Marie Mousseaux, les deux commissaires de cette exposition qui présente une quarantaine de peintures et dessins. Sans oublier le Carnaval dont les bals et les grandes soirées attirent et fascinent nombre d’Européens. Sous le pastel de Lorenzo Tiepolo, la « Femme au masque » coiffée d’une couronne de fleurs, garde tout son mystère…Dans une ville à l’architecture très scénographique (place Saint-Marc, Grand Canal…), le spectacle est dans la rue. Ainsi Canaletto dessine-t-il « Une représentation de la commedia dell’arte place Saint-Marc » (vers 1750).

Grand spécialiste des scènes de genre, Pietro Longhi croque « Le charlatan » (vers 1757), bonimenteur de foire juché sur une estrade et brandissant une fiole. Les fêtes sont aussi organisées dans des maisons privées. Longhi peint « Le concert » (1741) donné par trois violonistes dans une belle demeure ou « La Furlana » (1740-1750), danse folklorique rythmée par le tambourin.« Cette exposition qui rend bien l’atmosphère de Venise, nous donne envie d’aller au Carnaval ! » s’exclame Marie-Madeleine, Parisienne du XVe, spécialement venue avec une amie grecque Maria, dans ce musée où elle n’avait jamais mis les pieds. « Moi non plus je ne connaissais pas Cognacq-Jay. C’est l’expo sur la Sérénissime qui m’a attirée », renchérit Brigitte, employée de banque de 56 ans.Comme une invitation au voyage, les visiteurs peuvent revêtir l’un des quatre costumes de Carnaval mis à disposition dans les combles du musée : docteur de la peste, Polichinelle ou deux manteaux-capes avec masques et tricornes, à vous de choisir !

Musée Cognacq-Jay
8, rue Elzévir
Du mardi au dimanche de 10 heures à 18 heures.
Entrée : 8 €.

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